C’est un trou d’eau, comme il existerait un trou d’air, Une déchirure du réel, bleue, ronde, parfaitement transparente, profonde, à quel point je l’ignore mais suffisamment pour qu’aucune limite ne surgisse.
Je plonge, bien sûr.
Enfin plutôt je me glisse doucement, sans éclat, éclaboussure.
J’ai toujours détesté ceux qui plongent avec fracas, jaillissement furieux… laisse cela au feu.
Je lève mon regard, mes amis les plus chers sont tous au bord. Me regardent. Ni chaleur ni bienveillance dans ces regards. Pas le contraire non plus. Ils savent ce qu’ils ont à faire. Ils savent qu’ils vont le faire.
Je flotte, je me laisse flotter, bien-être inouï...
Ils s’approchent, tous ensemble, tendent leurs mains, touchent ma tête, le sommet du crâne, et ils commencent à appuyer. Tous. Ensemble.
Quand j’étais gamine, on appeler cela « néguer », ce mot me revient à l’instant.
Dans le rêve, pas de mot, l’horreur immédiate, je m’étouffe, je tente de bloquer mon souffle, je ne comprends pas, je résiste de toutes mes forces...
Tous appuient, je n’ai aucune chance.
Je cesse de me débattre, accepte de mourir, absolument mourir, sans peine ni joie.
J’ouvre le nez, la bouche et… « ça respire ».
Je reste sous l’eau, ils cessent d’appuyer, se retirent, s’éloignent, je respire sans air, je sais ce que cela veut dire. Je SAIS.
Je me réveille. Non, je m’éveille. Ça traverse ma vie, j’oublie souvent, je m’en souviens toujours (mes amis sont des yogi).
Je suis celle qui plonge dans les trous d’eau, dans les failles du réel.
Je suis ceux qui appuient et la mort qui vient.
Je suis le souffle sans air, je sais l’Éveil

Hélène (Texte de l'atelier Yoga et Poésie)

Prendre Racine.
Je m’enfonce dans les bois.
Je suis le cerf immobile. Mes bois dans la ramure.
La tête tendue, vigilante, j’écoute.
La pluie sourde, sous les feuilles.
L’odeur de terre, de feuilles mouillées, d’espoirs déçus.
Décomposition. L’humain disparaît, l’humus se forme.
Tu redeviendras poussière. Terre.
Une terre humaine, fertile, vivante.

Prendre Racine.
M’enfoncer doucement,
disparaître aux yeux de tous,
Me fondre dans le paysage,
devenir l’horizon.
Prendre racine.
La plante de mes pieds est une plante aux parfums entêtants.
Ses racines plongent, profondes, vers le centre de la terre.
Elles s’épanouissent en radicelles et ramifications infinies.
Un vaisseau spatial conduit par des souris creuse des galeries invisibles.
Sortir du labyrinthe.
L’influx nerveux remonte vers le haut, essaye de remonter à l’air libre,
à travers les mollets.
La sève monte. La greffe prend. L’être s’épanoui.

En ramassé :

Prendre racine- M’enfoncer dans les bois - Disparaître aux yeux de tous - Sortir du labyrinthe – Devenir poussière

Laurent ( Texte de l'atelier du 10 décembre 2017)

Monte dans ma bouche
par ma respiration une chaleur pétillante qui me butine les dents et les lèvres
ou serait-ce une fraîcheur
je ne sais pas
peut-être les deux en même temps
une fraîche chaleur fruitée
qui vient des tréfonds de mon souffle
qui me renouvelle
comme si elle ne m’appartenait pas
m’était extérieure
et pourtant
elle me vient du dedans.

Aboutie dans ma bouche
comme sortie d’un écrin
une bruine de diamants en particules
qui me donne un autre goût.

Caresse exotique
étrangère et légère.

M‘élargit le palais le corps et l’esprit
mes voûtes
comme attendries de volupté
assaillies vivifiées irriguées
d’une intensité légère et lourde à la fois.

Un souffle inattendu
sorti du même ventre que celui d’avant.

Accouchement surprise du nouveau
passage d’une nuée d’oiseaux silencieux
baguette magique insufflant des étoiles sans formule.

Du moins sans la formulation des mots
baguette agitée par la forme
mue et émue
du corps désormais constellé
comme rendu à sa première étoile
à son plus grand que terre
à ses liens avec ses formes de lumières lointaines
le corps rendu à ses aspirations sans limites
à sa position de passage éclairé de conscience
à sa connivence avec l’infini, le vent et l’insoupçonné.

A ce moment l’on chausse les lunettes de l’aviateur immobile
qui déploie ses ailes invisibles
vers une destination sans nom
qu’il ne cesse d’atteindre à chaque respiration.

Jusqu’à ce que cette horde suave, sauvage et mystérieuse rompe son embrasement
et nous laisse
comme vent qui passe.

Mathieu (Texte de l'atelier du 10 décembre 2017)

Se baigner dans l eau glacée par un petit matin d' été?
Je suis trente mains tressées , mâchoires claquantes, écume sur tailles
Je fredonne mantra , je fredonne yoga.
Cathy (Texte de l'atelier Yoga et Poésie)

Des argiles colorées malléables, souples s’adaptant à l’espace forment un corps.
Le souffle donne l’énergie de vie, palpite d’inspirations en expirations, vrille, se contorsionne.
Des nuages de poudres déposent des voiles de couleurs, formés par des grains de gemmes microscopiques, les uns contre sont diamants. Par une torsion apparaît un mouvement et révèle une tonalité autre, plus sombre, plus dense,plus mystérieuse.
C’est dans ce mystère que surgit le yoga, quel langage ont ces couleurs, vont elles atteindre un état de grâce,ou, comme des chenapans jouent et s’éparpillent.

L’essentiel : D’expirations en inspirations, une torsion mystérieuse ouvre un chemin de diamants .

Martine ( Texte de l'atelier du 10 décembre 2017)

Je Suis

Je Suis l’Air, léger, variable, vulnérable Je Suis l’Eau, mobile, sans forme, subtile Je Suis le Feu, chaud, huileux,
Je Suis la Terre, Force, soutien
Je Suis l’Espace, l’Univers

( Texte de l'atelier du 10 décembre 2017)

L’ Âme, voyage

Je Suis
Mélopée de l’Inspir.

Mots de liberté,
Reliance de l’Esprit,
me traversent.

Le Souffle entre-tenu
s’expire.

Cercles de Lumière
s’enroulent, se déroulent.

Fulgurances.

L’Air, l’Eau, le Feu, la Terre
me nourrissent.

Le Corps – Parole
se délie.

L’Âme sourit.

( Texte de l'atelier du 10 décembre 2017)